A2 (Élémentaire)Leçon 6 : Démonstratifs, possessifs et météo
Les possessifs portugais s'accordent avec la chose possédée et non avec le propriétaire — exactement comme ton ma maison / mon livre. Le vrai travail est ailleurs : comme seu veut dire à la fois ton, son (à lui), son (à elle) et leur, le Brésil a gardé seu pour « ton » et a renvoyé tous les autres derrière le nom : o carro dele, a casa dela.
meu / minha = mon, ma · seu / sua = ton, ta · nosso / nossa = notre
Le pluriel ajoute simplement -s : meus, minhas, seus, suas, nossos, nossas
Ils s'accordent avec la chose possédée, jamais avec le propriétaire — comme en français
Pour son (à lui/à elle) et leur, le Brésil met dele, dela, deles, delas derrière le nom
de + ele = dele — contraction obligatoire, jamais de ele
Dele/dela est la seule forme qui indique le genre du propriétaire
L'article est facultatif : o meu carro = meu carro (impossible en français)
a gente → da gente : « a casa da gente » = notre maison
(article +) meu / seu / nosso + nom — ou nom + de + pronom : o carro dele
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Les possessifs décident de qui possède quoi, et le portugais te tend un piège dès la première ligne : seu veut dire ton, son à lui, son à elle et leur, exactement comme ton son — si bien que « Vi o seu carro » peut être une remarque anodine ou une accusation. Les Brésiliens en ont eu assez et ont réorganisé tout le système : seu pour toi, dele et dela pour tous les autres, sagement garés derrière le nom. Apprends ce partage et tu n'auras plus jamais une conversation où deux personnes parlent de deux voitures différentes.
| propriétaire | masc. sing. | fém. sing. | masc. pluriel | fém. pluriel |
|---|---|---|---|---|
| eu | meu | minha | meus | minhas |
| você | seu | sua | seus | suas |
| tu (régional) | teu | tua | teus | tuas |
| nós | nosso | nossa | nossos | nossas |
Bonne nouvelle : c'est déjà ton réflexe. Tu dis ma maison et mon livre en regardant le nom, jamais celui qui possède, et le portugais fonctionne exactement pareil :
minha casa (casa est féminin — et ça reste minha que ce soit un homme ou une femme qui parle)
« Minha mãe mora em Recife. » (Ma mère habite à Recife.)
« Seu irmão trabalha com você? » (Ton frère travaille avec toi ?)
« O marido dela é professor. » (Son mari à elle est professeur.)
« Conheci os pais dele ontem. » (J'ai rencontré ses parents à lui hier.)
« Esqueci meu celular na mesa. » (J'ai oublié mon portable sur la table.)
« Nossa casa tem dois quartos. » (Notre maison a deux chambres.)
« Nossos vizinhos são bem tranquilos. » (Nos voisins sont plutôt tranquilles.)
« As chaves dela sumiram de novo. » (Ses clés à elle ont encore disparu.)
Ici le portugais fait comme toi : le propriétaire va de soi.
« Lavei as mãos. » (Je me suis lavé les mains.)
« Quebrei o braço. » (Je me suis cassé le bras.)
« Ela cortou o cabelo. » (Elle s'est coupé les cheveux.)
« Tirei o casaco. » (J'ai enlevé mon manteau.)
Dire lavei minhas mãos n'est pas faux, juste bizarrement appuyé — comme si les mains avaient besoin d'être identifiées.
Deux emplois très courants n'ont rien à voir avec la possession :
Seu João, Dona Maria — façon respectueuse d'appeler quelqu'un par son prénom, plus proche de monsieur et madame que de ton.
Nossa ! — l'exclamation que tu entendras plus que toute autre au Brésil — est un possessif dont on a discrètement retiré le nom : la phrase complète, c'est Nossa Senhora !, et la Dame en question est Nossa Senhora Aparecida, la patronne du pays. Ce n'est pas seulement une figure religieuse, c'est aussi une figure juridique : la loi 6.802 de 1980 a fait de sa fête, le 12 octobre, un jour férié national. Les Brésiliens disent donc « notre » quelques centaines de fois par jour sans rien posséder du tout. Sources : Brasileirices · Loi 6.802/1980, Planalto.
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